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Un pont nouveau entre La Réunion et Maputo


Le JIR | Publié le 10 juillet 2008
Le Mozambique et notre petite France de l’océan Indien resserrent leurs
liens artistiques sur le champ, cette fois-ci, de la dramatrugie avec
l’adaptation pays d’un conte de Mia Couto par Mickaël Fontaine.
Extraits avant création.
Il a fait ses premiers pas visibles au théâtre avec Talipot, suivi Lolita Monga chez Acte 3,
puis atterri au CDR de Madani pour ses grands moments comme “Doktèr Kontrekèr”, et
rebondi dans les échanges indianocéaniques avec l’Afrique du Sud et le Zimbabwe (et
Stanley Mambo). Bref, de quoi s’imposer en une décennie comme l’un des comédiens
avec lesquels La Réunion et cette région peuvent compter pour activer le théâtre
contemporain. Et voilà, après deux ou trois péripéties au Théâtre d’Azur ou sur le
registre de Daniel Honoré, Mickaël Fontaine, conteur, acteur, danseur et vidéaste,
avançant de nouveaux pions en coopération avec, cette fois, le Mozambique comme
allié. Un pays dont il a senti les premières envies de partage lors du fameux “Makwalé”
orchestré par Karl Kugel. Depuis, les liens pour lui se sont resserrés avec les artistes de
Maputo et il signe sans hasard aujourd’hui une première adaptation, mise en scène et
vidéo, du livre du poète mozambicain Mia Couto, “Mar me quer” qui devient en français
“Tombe tombe au fond de l’eau”. Un conte, écrit en 2000 et traduit du portugais
(notamment par Elisabeth Monteiro Rodrigues pour les Éditions Chandeigne) qui parle de
Zéca Perpétuo, un ancien pêcheur.


TRIO D’ACTEURS PAYS AU MOZAMBIQUE
“Il n’a d’yeux que pour sa voisine, Dona Luarmina qui passe le plus clair de son temps à
effeuiller des fleurs invisibles. Leurs rencontres, à la fois drôles, cocasses et graves sont
ponctuées par les souvenirs de Zéca. Un récit nostalgique où se conjuguent drame,
humour et poésie par celui qui figure l’un des plus grands écrivains contemporains de
langue portugaise.” Pour monter son projet, Mickaël s’appuie sur trois comédiens de La
Réunion, Lino Rasolonirina (du Teat Lakour), Léone Louis et Sergio Grondin, sachant qu’il
a légitimement imaginé une version mozambicaine de la pièce avec un trio d’acteurs du
pays de l’auteur. Premier chantier de création en juin au centre culturel franco-
mozambicain de Maputo autour de la thématique de l’histoire (mémoire, nostalgie de la
vie, Alzheimer, rituels, secrets de famille…) qui a séduit Mickaël Fontaine, parce qu’elle
évolue entre conte et théâtre. “Alors plutôt qu’une lecture publique pour présenter
notre travail, nous avons préféré en montrer un échantillon”, nous a-t-il expliqué lors de
la représentation de ce qu’il étiquette sa “maquette”. “Il nous faudra finaliser la
création pour la rentrée de septembre. D’abord au Mozambique où seront montrées les
deux versions en français et en portugais et puis, je l’espère bien, à la Réunion dans la
foulée”, explique Mickaël qui a été l’un des hôtes de la Région où s’est tenu le séminaire
sur la biodiversité. “Notre projet touche fortement à l’environnement et participe du
développement durable”, poursuit le metteur en scène, qui a fait une présentation
devant les élus de la Pyramide inversée, évoquant notamment la partie africaine de
l’aventure. “Là-bas, nous aimerions avoir une autonomie de lumière et donner le
spectacle, par exemple, éclairés par des lampes à basse consommation”, explique Mister
Fontaine, derrière ses claviers d’ordi qui donnent vie sur scène à toute une imagerie
complice du jeu des acteurs pour effets très réussis sur fond de toile filtrant les
apparitions de l’installation. Une mise en appétit qui fait envie. Vivement la rentrée !
Marine Dusigne

Bio rapido
António Emílio Leite Couto, dit “Mia” né à Beira en 1955. Fils du poète Fernando
Leite Couto (1924). Biologiste de formation. Militant du Frelimo (Front de libération
du Mozambique). Collaborateur de nombreuses publications (África, Colóquio Letras,
Hora de Poesia, etc.). Il a été directeur de l’Agence d’information du Mozambique,
des revues Tempo et Domingo, et du journal Notícias de Maputo. Après un livre de
poèmes (Raiz de Orvalho, 1983), deux recueils de nouvelles (Vozes Anoitecidas,
1986 ; Cada Homen É Uma Raça, 1990), et un volume de chroniques (Chronicando,
1991), il publie son premier roman en 1992 (Terres somnambules), qui a comme toile
de fond la guerre civile dans son pays. Depuis, il a fait paraître de nombreux ouvrages
(romans, nouvelles, contes) traduits un peu partout dans le monde. Il a également
collaboré à plusieurs films.
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